Passation de service : Discours du nouveau ministre de l’information et de la communication (Amara Somparé)

Mesdames Messieurs les Ministres,

Mesdames et Messieurs les cadres du département,

Mesdames et Messieurs les représentants des médias publics et privés

Chers invités

Mesdames et Messieurs,

Je voudrais tout d’abord vous exprimer toute ma gratitude pour l’honneur que vous me faites en prenant part à cette cérémonie de passation en cette heure très avancée de cette journée du mois saint de Ramadan.

Je suis très honoré de la confiance placée en ma personne par Son Excellence Monsieur le Président de la République et par Monsieur le Premier Ministre Chef du Gouvernement en me nommant à ce poste. Le choix était difficile. Je n’étais qu’une possibilité parmi d’autres où figuraient certains hauts cadres de l’élite guinéenne.

Cette désignation est un honneur pour moi, mais aussi une grande responsabilité dont je mesure l’ampleur et la complexité.

Je salue avec affection les nombreux cadres ici présents qui ont voulu prendre part à cette passation de service.

Chers collègues des médias publics et privés

Bien que le décret de nomination à la tête de ce département porte mon nom, je ne suis évidemment pas le seul concerné car les défis à relever nous concernent tous.

Si je puis me permettre de rappeler certaines choses qui me semblent importantes à cette occasion, à l’ensemble des acteurs de l’information et de la communication qu’ils soient du secteur public ou du secteur privé, c’est le souhait que chacun prenne une conscience plus claire, plus objective et plus résolue de ce qu’est la place de l’information dans la vie de notre nation.

Certes j’ai conscience, qu’il n’a pu vous échapper que la conjoncture nationale connait des turbulences et précipite bien des secteurs de la vie nationale dans l’incertitude y compris les secteurs réputés les plus solides, tel que l’information considéré comme un des plus tenaces.

De ce fait, je suis sûr que bon nombre d’entre vous éprouvent une certaine appréhension face à l’avenir de la corporation – et je vous le confirme : l’avenir est incertain. Mais il ne tient qu’à vous d’inverser cette tendance qui n’est pas une fatalité. L’histoire montre que le renouveau des sociétés s’est toujours fait dans les moments les plus difficiles.

Chers collègues

La gestion du Ministère de l’Information et de la Communication est à compter de ce jour appelée à s’exercer dans un cadre rénové, au sein duquel nous dialoguerons désormais non plus dans une relation traditionnelle administration /administrés empreinte de bureaucratie, mais dans une relation de partenariat fort, d’ouverture et de concertation.

Mais il va nous falloir mettre en place, dans cette optique, de nouveaux outils, de nouvelles pratiques de travail. Je sais votre attachement à agir dans l’écoute et la concertation pour construire une nouvelle dynamique.

Il est pour cela important de ne pas perdre de vue cette vérité qu’il n’y a pas de société sans problèmes et, qu’en dépit de la diversité des secteurs qui le compose, le monde de l’information et de la communication constitue un tout indissociable, qu’il soit public ou privé, chacun en ce qui les concerne, les résolvent au nom de tous sans que cela ne perturbe le court normal des choses ; mais il est aussi bien, que de temps en temps, lorsque les circonstances l’exigent que l’information et la communication redeviennent ce qu’elles sont fondamentalement, c’est-à-dire l’affaire de tous les acteurs qui interviennent dans ses différentes composantes.

Mais pour cela nous devons prendre une meilleure conscience d’être réuni avec amour autour d’un seul et même objectif, celui du développement national par l’information et la communication objective en direction des citoyens.

C’est pourquoi, je souhaiterais vous dire que dans ces moments, ce qui est capital, c’est de faire la différence entre ce qui relève de la tactique et ce qui relève de la stratégie. En d’autres termes, il y a le court terme, les affaires à gérer, les crises qui couvent qu’il faut traiter, pour cela nous allons définir tous ensemble des moyens coordonnés que l’on emploie pour parvenir à un résultat. Ceci relève de la tactique. Et puis il y a la stratégie. Cette dernière s’inscrit dans ce que nous voulons mettre en œuvre et qui est d’une autre nature. Il s’agit d’une transformation qui passe, selon nous, par deux grandes priorités :

La première consiste à restaurer le cadre normatif et institutionnel du secteur de l’information et de la communication en l’adaptant progressivement aux exigences de notre temps de façon forte et durable, dans un équilibre entre les exigences du renforcement de la liberté de la presse, du droit à l’information et les impératifs de la protection des libertés individuelles et la préservation de l’ordre public. Bien entendu cela implique de relever très rapidement plusieurs défis aussi bien en terme de participation de tous les acteurs qu’en terme de transparence et de dialogue administratif avec les médias publics et privés. Elle correspond à un besoin de souplesse, à un besoin de sécurité, à un besoin de simplicité, mais aussi à un besoin de dialogue. Il s’agira désormais de concertations et d’échanges permanents entre le département et les professionnels du secteur  sur tous les sujets, lourds, complexes, anciens qui constituent des points de blocages ou de discordes afin de permettre de clarifier et d’enrichir ce qui devait l’être.

La seconde priorité est le défi de l’adaptation de notre outil d’information et de communication à l’ère du temps : le passage de l’analogique au numérique.

Le monde de la communication et de l’information évolue de nos jours à une vitesse vertigineuse, tant dans ses contenus que dans ses modes de transmission dominé par la société numérique ou en cours de numérisation, car elle est le modèle selon lequel chaque individu, chaque entreprise et même la communauté internationale se déterminent.

C’est dire que suivant notre positionnement et nos moyens de l’atteindre et de l’utiliser, on appartient ou pas à une certaine catégorie de développement et de compétitivité.

Il ne faut pas se voiler la face, nous appartenons à un monde plongé au sein de la Révolution numérique de la société, de la radio-télévision et de la communication. Cette Révolution numérique nous fait changer d’univers, elle préfigure l’émergence d’une nouvelle économie, d’un nouveau mode de communication et de relation qui repose sur la matière grise. La numérisation se définit comme « l’art de communiquer mondialement ».

C’est un outil qui formate une nouvelle forme d’intelligence qui change le rapport de l’information et de la communication au temps, au lieu, à l’action qui s’en trouve alors profondément modifié.

L’outil numérique formate, surtout pour nous les professionnels de l’information, une nouvelle forme existentielle qui bouleverse notre rapport au temps, au lieu et à l’action. Désormais nous devons prendre conscience que notre travail doit s’adapter à cette transformation ; les nouvelles exigences de notre ère court-circuitent tous les réseaux anciens dont le rôle ne peut plus se limiter à l’outil analogique. L’exigence de la communication efficace doit s’intégrer dans l’exigence du passage de l’analogie au numérique

Ce n’est pas la première fois que des innovations technologiques contribuent fortement à des modifications profondes de notre pays.

En effet, il y a 42 ans, le 14 mai 1977 Monsieur Aboubacar Somparé, mon regretté père, lançait la première émission télévisée analogique de l’histoire de notre pays qui s’est accompagnée par un développement de l’information et des habitudes y afférentes.

Aujourd’hui, j’ai l’honneur de faire passer la Guinée de l’analogique au numérique. C’est un bond qualitatif car le numérique et ses applications sont accompagnées par des modes de partage de l’information et des connaissances à une échelle jamais égalée.

Notre défi est de remplir très rapidement les conditions pour permettre une appropriation de l’outil numérique par le peuple : en permettant aux citoyens de devenir acteurs de l’information. D’ailleurs, toutes les sphères de la société sont engagées dans ce vaste mouvement : aussi bien le monde du travail, que le système éducatif ou encore l’économie et pourquoi pas l’information ?

Mesdames Messieurs

Chers collègues

Désormais vous connaissez mon projet pour le département de l’information et de la communication et les priorités que je viens de fixer. Je suis déterminé à servir la nation avec humilité. Je suis déterminé à obtenir des résultats. Je suis sûr que nous en avons les moyens. Il nous faut seulement planifier et fixer les priorités avec clairvoyance et agir avec habileté.

Soyez assurés que je travaillerai sans relâche, le regard tourné vers les objectifs que nous nous fixons ensemble, l’oreille attentive à tous et de tout mon cœur dévoué aux attentes de tous.

Je ne saurai au cours de cette présente cérémonie occulter les louables efforts de mon illustre prédécesseur, mon grand frère le Ministre Rachid N’DIAYE à la tête de ce département.

Monsieur le Ministre, je vous succède mais ne vous remplace pas. C’est dire que votre départ n’est pas forcément une coupure brusque et définitive avec le milieu. Il y a bien des manières pour que ce département puisse encore profiter de vos lumières.

Je vous rends hommage pour l’œuvre accomplie et vous souhaite une bonne suite de carrière aussi riche que l’ont été ces deux dernières décennies. Il ne reste plus qu’à vous souhaiter bonne chance et à vous dire à bientôt.

Je vous remercie.

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